"This is what you get when you mess with us. And for a minute there, I lost myself, I lost myself."
Radiohead.
Je suis clouée dans une stupeur
indécente. Je réfléchis trop, je perds mes repères, qu'est-ce qui
est bien, qu'est-ce qui est mal? Où se cache la limite entre le
bonheur et le désespoir? L'espoir et le malheur? Je tremble. Ma
langue pâteuse passe doucement sur mes lèves sèches, je cherche
mon souffle. Mon coeur bat trop vite, ma mâchoire me fait mal. J'ai
une main brûlante moite, et l'autre est glacée, crispée. Mon corps
est coincé entre deux températures. Je suis figée, brûlé, exténuée, mais pourtant j'ai les deux yeux grand ouverts, fixés
dans un vide abyssal. Les courbatures me brisent les os, mon estomac
se crispe, j'ai la tête qui tourne. Le mental qui regrette, un peu,
pas du tout. La descente est infernale. L'insomnie m'a taquiné, je
suis consciente depuis plus de 24 heures. La faiblesse déstabilisante
me contraint à une chute phénoménale, et pourtant je suis bien, en
quelque part. Les restes de hier me soulagent ; l'invincibilité, la
satiété, l'indépendance, et une légère extase. Et l'inspiration,
bien sur, les mots qui me coulent des veines, et le pinceau qui bat
tout seul. La sobriété me tourmente, mais ce n'est que passager.
Maintenant, je vais aller me glacer les
poumons en plongeant dans la poudrerie d'ivoire, dehors, pour ensuite
réchauffer mes doigts autour d'une tasse amère. Excusez-moi.

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