lundi 8 septembre 2014

Entre Beaubien et Parc


La lumière du matin traverse mes rideaux pourpres et fait régner une ambiance rosée dans ma chambre. De nombreuses boites de carton s'empilent de souvenirs, au pied des murs blancs. Ma cigarette se consume en volutes et flotte paisiblement entre les vapeurs sucrées de ma tasse de café. Mes doigts cherchent avidement les mots qui pourraient décrire la beauté paisible de ce matin de Septembre, pris entre l'été et l'automne, mais voilà que je te sens te réveiller, doucement. Ta présence ardente, recroquevillée contre mon flanc, se met doucement en mouvement. Je sens tes muscles se tendre légèrement, puis se détendre. Tu ouvres tes grands yeux verts sur la lumière du matin et je voudrais pleurer tellement ils sont beaux. Je te vois observer le désordre qui t'entoure avec affection, et mon coeur déborde de tendresse envers la douce personne que tu es. Ta tête endormie se soulève pour mieux se reposer sur ma cuisse. Et maintenant je comprends que je n'ai pas besoin de mots. Tu es là, toi, tu es mon vocabulaire en entier. Et nous sommes là, tous les deux, blottis au creux d'un amour inconditionnel, entre Beaubien et Parc.

Je n'ai plus peur de toutes ces émotions qui me submergent en même temps, parce que j'ai la chaleur. Celle fragile d'un bouquin, et celle doucereuse d'un café. La chaleur de ma douce Florence, et celle joyeuse de Jesse. J'ai la chaleur féroce de ma petite boule de poils noire, et celle salissante d'un fusain. J'ai celle agréable de l'aurore et du crépuscule. J'ai la chaleur délicate de ma personne, pelotonnée entre les draps de mon enfance, et la chaleur fraîche des nouveaux murs de mon appartement. J'ai la chaleur réconfortante d'un bon vin, la chaleur insatiable de mes mots, et celle brûlante de la musique. J'ai la chaleur rassurante de la fierté, celle d'avoir accompli tout ce chemin, et d'avoir fait preuve d'autant de force et de courage, alors qu'il aurait été tellement plus simple de me laisser sombrer. J'ai bien sur la chaleur inconditionnelle de mon père et de ces gens qui m'aiment. Mais par dessus tout, j'ai cette chaleur passionnée pour tous ces gens, ces endroits, et ces choses que j'aime, qui emplit mon coeur d'une tendresse infinie.

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