jeudi 27 mars 2014

Délirs grisés d'un rêveur égaré

Trois heures et quart du matin. La neige n'a pas fini de me tomber sur les nerfs. Il fait froid. Mes lèvres givrés dégagent un faible souffle frigorifié, comme de légers soupirs, à peine audibles. J'en suis à ma troisième bouteille de vin, que je serre avidement entre mes doigts. Je m'y accroche comme une main que l'on serre, une source de réconfort, comme pour me convaincre que dans ma tête, je ne suis pas complètement esseulée. Je ne sais même pas comment enchaîner les mots pour qu'ils aient un sens. Rien n'a de sens. Je dégringole dans les rues de Montréal, j'erre dans le vieux-port sans vraiment savoir où je vais. L'ivresse guide mes pas tandis que la musique silencieuse de la nuit me fait tournoyer. Je cours, je m'arrête, je marche, je danse. La valse de mon ébriété me mène jusque dans verdun, tiens, je m'en fiche. Y'a un flot de rivière sur mes joues, un flot qui sale ma langue. Je rêve de la mer et de son infinité, je rêve de robes, de longues jambes suaves et de soleil, de sable humide et de vent brûlant. Je sèche mes yeux et contemple le Saint-Laurent. Une autre gorgée. Dans ma tête les pensées tournoient, les émotions se brassent et explosent en un cocktail trouble. Les choses que je refuse obstinément de voir me frappent sauvagement en plein visage. Et l'impuissance me fâche, et je crie, je hurle, et je balance ma bouteille à bout de bras. Sur le son du verre qui se fracasse contre l'asphalte, je me met à danser, et à éclater violemment de rire.

Et puis je m'arrête et je pense à mon frère. Et à toi. Et à vous. Les noms et les visages passent dans ma tête et étreignent mon coeur transi. Je prends une grande respiration. Deux. Trois. Je suis désespérément en quête de quelque chose vers quoi me tourner, quelque chose à quoi m'accrocher. Endolorie par la fraîcheur glaciale de ce mois de Mars, ma tête se penche doucement au-dessus de l'eau noirâtre. ''S'il te plait, donne moi un sauveur, une sauveuse, n'importe quoi!''

Quelle surprise m'envahit lorsque je réalise que devant mes yeux se trouve la réponse exacte de ce que je cherchais. Le reflet de mon visage blanchi par le clair de lune. Tiens, elle est donc là, ta sauveuse.

Personne, ni rien au monde, ne peut vous aider mieux que vous-même. Vous êtes la seule et unique réponse à toutes vos questions, vos besoins et désirs. Il ne s'agit que de laisser une chance à ce sauveur bien blotti au creu de votre estomac. Lui faire confiance et le laisser s'épanouir. Accepter que vous méritez tout l'amour qu'il peut vous donner. Que vous êtes dignes de cet amour et de ce réconfort. Je peux vous assurer qu'il saura vous réchauffer amplement, et qu'il dépassera même toutes vos attentes. Parce qu'il vient de vous, et qu'au fond de vous, même lorsque que vous ne pouvez le voir, il y a toute la force et tout l'amour du monde.

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