J'ai beaucoup de souffrance. Je souffre, beaucoup, depuis que je suis toute petite. Mon plus loin souvenir remonte à mes 10 ans. Je suis certaine que je souffrais avant, seulement je ne m'en souviens pas. Peut être que je suis née avec une malformation des émotions. Quand à 10 ans, on a envie de se jeter en bas du toit de l'école, juste pour voir si on aura enfin l'occasion d'être en paix, je vous jure que y'a quelque chose de pas normal. Quand, à 20 ans, on a à son actif quatre tentatives de suicide et au-dessus d'une vingtaine d'hospitalisations, je vous jure que y'a quelque chose de pas normal.
Aujourd'hui, j'ai vécu un échec. Encore un autre échec. Ce n'est pas si grave, mais je dramatise. Je dramatise toujours tout. C'est à cause de mes émotions qui sont cent fois plus intense que la norme. C'est à cause de mon hypersensibilité qui me débalance. C'est à cause de ma joie qui est euphorique et de ma peine qui est déchirante. C'est à cause de mes sentiments qui sont trop fort. Je ne dramatise pas, ce que je ressens est vraiment là, mais c'est trop fort. Ma mère m'a tant de fois répété que j'étais une drama queen qui exagérait tout pour avoir de l'attention, que je dramatisais pour ci, que je dramatisais pour ça... que je n'étais qu'une manipulatrice. Avec le temps, je me suis dit qu'elle devait avoir raison. Alors j'ai tenté de bloquer tous mes sentiments. De toutes façons, ils ne me sont utiles que pour manipuler, n'est-ce pas? Et maintenant, c'est le bordel dans mes émotions. Je ne les comprends plus du tout! Elles ont décidé de s'entre-tuer pendant que je les enfermais bien profondément au creux de mon thorax.
Oui, j'ai besoin d'énormément d'attention. J'ai toujours eu besoin d'un surplus d'attention, parce que j'en ai manqué. J'ai décidé de faire fit de ma personne au profit de ma mère. Je m'en suis toujours voulu de ne pas être capable de lui rendre la vie plus facile, et de ne pas être capable de l'empêcher de souffrir. J'ai pris ma maman sur mes épaules, et combien de fois, toute petite, je me suis oublié pour elle. Maintenant, je ne sais pas comment me rappeler que j'existe. Dans ma petite tête de "manipulatrice égocentrique enfant gâtée", je n'existe pas. Je ne sers à rien. Je ne suis pas là, et j'ai peur. J'ai peur de tout. J'ai peur de moi-même. J'ai peur de mes émotions. Je ne veux pas pleurer devant quelqu'un, parce que "si je pleure ça veut dire que je manipule". Alors je pleure seule. Dix fois par jour.
C'est le bordel dans mes émotions. Je suis instable. Incapable de garder un emploi, incapable de réussir une foutu session de cégep, incapable. Pauvre incapable. Je ne suis bonne qu'à m'apitoyer sur mon sort. Je ne suis bonne qu'à faire pleurer ma mère, n'est-ce pas?
Non. Je suis aussi bonne pour me mettre les pieds dans les plats. Je suis aussi très bonne pour mentir et manipuler. Je suis aussi très bonne pour faire chier tout le monde, ah, et je suis aussi très bonne pour me mettre dans des situations ou un adulte de ma famille se mette à me toucher là ou on ne m'a jamais touché à 13 ans, là ou je n'ai pas envie qu'on me touche, et de rester plantée là comme si je n'avais pas de jambes et que je ne pouvais pas m'enfuir en courant, loin, loin, loin, très loin, loin de toi, loin de moi, loin de tout.
Me faire baiser, j'suis ben bonne pour ça, aussi. Amélie, elle est bonne, bien bonne, avec sa bouche surtout. Ils aiment ça me baiser, ils aiment tous ça. Faut ben que j'sois utile quelque part. Et en plus j'aime ça. J'aime ça, parce que j'ai de l'attention, beaucoup d'attention. Je me sens importante, je me sens grande, je me sens aimée.
Je suis instable comme une balle rebondissante, et pourtant, je fournis tous les efforts du monde pour m'aider. Bien, peut être que, comme une bonne amie à moi me l'a fait remarqué, peut être que je devrais juste l'accepter. Peut être que je devrais comprendre que je ne suis pas faite pour la stabilité, le American Dream maison-boulot-mari-kids. Peut être que je devrais vendre tout ce que j'ai et partir pour l'Écosse, ou l'Angleterre, et vivre une petite vie simpliste ou je serai confortable dans le changement constant?! Le matériel ne m'apporte aucun plaisir, et pourtant j'essaie de me convaincre du contraire, et je fais des achats compulsifs qui font que je suis sans le sous. J'essaie de remplir le vide à l'intérieur de mes tripes. Mais le voyage... Ça m'apporte. Je n'ai besoin de rien, sauf de me ressourcer, d'explorer, de voir, de découvrir. C'est ma plus grande joie. Je ne sais pas. De toutes façons, j'ai peur. J'ai trop peur de moi. Aucune confiance en moi, je suis ma plus grande peur. Et mes décisions sont très souvent impulsives. Il faut que je réfléchisse.
C'est que j'exagère. J'exagère toujours tout!
Peut être que si tu partais avec moi. Peut être que si j'amenais tes cheveux dorés et tes jambes infines et ton adorable sourire avec moi, peut être que ce serait parfait. Je pourrai dire ton nom cent fois, ton nom qui me caresse tendrement les lèvres lorsque je le prononce. Ton nom qui résonne dans ma tête au moins dix fois par jour. Mais bon. De toutes façons comment pourrais-je savoir comment t'aimer...?
Je ne sais même pas comment m'aimer!
C'est pas de la faute de personne, c'est de ma faute. C'est moi qui est mal faite, c'est moi qui comprends tout de travers, c'est mon cerveau qui est tout croche.
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Vipassana et le voyage sont ce qui te faut
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